Le syndrome de la vulve de la cycliste : ce dont personne ne parle aux femmes qui font du vélo
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On parle beaucoup de watts, d'aérodynamisme, de nutrition et de récupération musculaire quand on évoque la performance à vélo. Un sujet, en revanche, reste largement passé sous silence : ce qui se passe sous la selle. Et pourtant, le "syndrome de la vulve de la cycliste" concerne une grande majorité des femmes qui pratiquent régulièrement ce sport, sans que la plupart d'entre elles sachent qu'il porte un nom, ni qu'il est documenté depuis plus de 20 ans dans la littérature scientifique.
Chez Maholi, on parle beaucoup de périnée. Il était donc naturel de s'arrêter sur ce sujet encore trop tabou, pour mieux comprendre ce phénomène, ses causes, et surtout, les bons réflexes à adopter.
Un phénomène bien plus fréquent qu'on ne le pense
Selon les études citées sur le sujet, entre 39 % et 89 % des cyclistes féminines déclareraient des problèmes liés à la selle. Un écart important entre les deux chiffres, qui reflète la diversité des études et des populations observées, mais qui confirme une réalité : ce n'est absolument pas un cas isolé.
Autre exemple marquant : pendant le Tour de France Femmes 2026, un médecin de l'équipe Cofidis a estimé que près de 80 % du peloton pourrait être concerné par ce syndrome. Une estimation médicale, et non le résultat d'une étude menée sur l'ensemble du peloton, mais qui donne une idée de l'ampleur du sujet, y compris chez les athlètes de haut niveau.
De quoi parle-t-on exactement ?
Le terme "syndrome de la vulve de la cycliste" ne désigne pas une simple irritation passagère. Il s'agit, plus précisément, d'un lymphœdème vulvaire, c'est-à-dire :
- Une accumulation de liquide dans les tissus
- Un gonflement chronique, qui peut persister au-delà de l'effort
- Le plus souvent localisé d'un seul côté d'une grande lèvre
Ce phénomène est décrit médicalement depuis 2002, année où une étude observationnelle publiée dans le British Medical Journal (BMJ) s'est penchée sur le cas de six cyclistes de haut niveau, âgées de 21 à 38 ans, parcourant en moyenne 462,5 km par semaine. Toutes présentaient un lymphœdème chronique d'une grande lèvre, plus marqué après les entraînements longs et intenses (Baeyens et al., Bicyclist's vulva: observational study, BMJ, 2002).
Plus de 20 ans après cette publication, le sujet reste pourtant très largement méconnu du grand public, y compris de nombreuses cyclistes concernées.
Pourquoi ce syndrome se développe-t-il ?
Pendant plusieurs heures d'effort, la zone vulvo-périnéale est soumise à une combinaison de contraintes physiques répétées :
- La pression exercée par la selle
- Des frottements répétés à chaque mouvement de pédalage
- La transpiration et l'humidité, qui fragilisent la peau
- Une compression liée à la position sur le vélo
- Des microtraumatismes qui s'accumulent au fil des kilomètres
Ces inflammations répétées pourraient notamment perturber la circulation lymphatique locale, favorisant l'apparition du gonflement caractéristique du syndrome.
Des conséquences qui vont au-delà de la douleur
Face à l'inconfort, de nombreuses cyclistes adoptent, souvent sans même s'en rendre compte, une posture de compensation : elles se décalent légèrement sur la selle pour soulager la zone touchée. Un ajustement qui paraît anodin, mais qui peut entraîner en cascade :
- Une posture générale modifiée
- Des douleurs dans le bas du dos
- Une sollicitation différente des genoux
- Des tensions au niveau des cervicales
- Une concentration perturbée pendant l'effort
Comment limiter les risques ?
Il n'existe pas de solution miracle universelle, mais plusieurs réflexes permettent de réduire la pression et les frottements sur la zone vulvo-périnéale :
- Choisir une selle adaptée à sa morphologie, idéalement testée en boutique spécialisée, avec un professionnel capable de mesurer l'écartement des ischions
- Ajuster la position du vélo (hauteur et inclinaison de selle, réglage du cintre) pour répartir différemment la pression
- Porter un cuissard technique avec une peau adaptée, qui limite les frottements et gère mieux l'humidité
- Faire des pauses régulières lors des sorties longues, pour relâcher la pression sur la zone
- Ne pas minimiser une gêne persistante, même si elle semble "normale" dans le milieu du cyclisme
Et après l'effort ? Le rôle du froid pour apaiser la zone
Une fois la sortie terminée, prendre soin de cette zone sensible fait toute la différence, surtout après un entraînement long ou intense, lorsque l'inflammation et le gonflement se font le plus sentir.
C'est exactement le rôle de notre poche de froid périnée Maholi : conçue avec une forme anatomique pensée pour épouser la zone vulvo-périnéale, elle permet une application ciblée du froid pour apaiser rapidement l'inconfort, réduire la sensation de gonflement et offrir un vrai moment de récupération après l'effort. Un geste simple à intégrer dans sa routine post-sortie, au même titre que les étirements ou l'hydratation.
En parler, c'est déjà agir
Le syndrome de la vulve de la cycliste reste, encore aujourd'hui, un sujet largement absent des conversations autour du cyclisme féminin, alors qu'il touche potentiellement une large majorité des pratiquantes. Pourtant, en parler permet de :
- Déculpabiliser les cyclistes qui pensaient être seules concernées
- Encourager un meilleur choix de matériel dès le début de la pratique
- Favoriser une prise en charge plus précoce en cas de gêne persistante
Alors si vous avez une amie avec qui vous partagez vos sorties vélo, n'hésitez pas à lui en parler. Parce qu'on peut passer des heures ensemble sur un vélo, sans jamais évoquer ce qui se passe sous la selle, et il est temps que ça change.
Cet article a un but informatif et ne remplace en aucun cas une consultation médicale. En cas de gêne persistante, de gonflement important ou de douleur inhabituelle, rapprochez-vous d'un professionnel de santé (médecin, gynécologue, ou médecin du sport).
Dernière mise à jour le 04/09