Comprendre

Qu'est-ce que l'endométriose ?

L'endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire et chronique. Un tissu semblable à la muqueuse de l'utérus (l'endomètre) se développe en dehors de celui-ci : sur les ovaires, les ligaments, la vessie, l'intestin…

Comme l'endomètre, ces lésions réagissent aux hormones du cycle menstruel. Elles provoquent alors des inflammations et des douleurs, parfois très intenses, qui peuvent toucher toute la sphère pelvienne.

1 sur 10femme concernée en France
7 ansde délai moyen avant le diagnostic
Femme soulageant ses douleurs pelviennes avec la Holi

Les symptômes

  • Règles très douloureuses
  • Douleurs pelviennes chroniques
  • Douleurs pendant les rapports
  • Troubles digestifs ou urinaires
  • Fatigue importante

Un diagnostic long

Les symptômes sont variés et la douleur des règles est encore trop souvent banalisée. Le diagnostic repose sur l'échographie, l'IRM et l'examen clinique, et prend en moyenne 7 ans.

Une maladie chronique

L'endométriose ne se guérit pas à ce jour, mais elle se soigne. Elle peut aussi être associée à des difficultés pour concevoir un enfant.

Une prise en charge globale

Traitements hormonaux, antidouleurs, chirurgie, kinésithérapie, alimentation… La prise en charge est souvent pluridisciplinaire et adaptée à chaque patiente.

Étude clinique · Mars 2024 · Lyon

Endométriose et cryothérapie du périnée

Une première étude observationnelle menée à Lyon avec le Dr Cotte, gynécologue obstétricien à la Clinique du Val d'Ouest, pour évaluer si le froid appliqué sur le périnée peut aider à diminuer l'intensité et la durée des douleurs chroniques liées à l'endométriose, et améliorer la qualité de vie.

  • -22 %de douleur en moyenne
  • ≈ 30 %d'amélioration de la qualité de vie
  • 8semaines de suivi quotidien
Le Dr Cotte, gynécologue obstétricien, et Adèle Bouscasse, fondatrice de Maholi
Dr CotteGynécologue obstétricien, Clinique du Val d'Ouest Adèle BouscasseFondatrice de Maholi
01 · L'étude en bref

Objectifs & protocole

Les objectifs

  • Évaluer l'efficacité de la cryothérapie du périnée sur l'intensité et la durée des douleurs chroniques de l'endométriose.
  • Mesurer ses effets sur la qualité de vie.
  • Évaluer la faisabilité de la technique au quotidien.

Le protocole

Pendant 1 mois, la poche de froid était appliquée 3 heures par jour, placée contre le périnée comme une serviette hygiénique. Elle pouvait aussi être posée sur le bas-ventre ou le bas du dos.

  • Matin30 min à 1 h
  • Soir, au coucherenviron 1 h 45
  • En cas de douleuren complément

Le déroulé sur 8 semaines

Un questionnaire quotidien pendant les 8 semaines, et un suivi téléphonique programmé avant la semaine 7, puis aux semaines 3 et 6.

02 · Les participantes

Qui pouvait participer ?

Critères d'intégration

Femmes avec une endométriose diagnostiquée (échographie transvaginale spécialisée, IRM ou chirurgie), rapportant des douleurs pelviennes (dysménorrhées, douleurs pelviennes chroniques et/ou dyspareunie profonde) et une détérioration de leur qualité de vie.

Conditions d'inclusion

Ne pas modifier sa prise en charge médicale pendant l'étude, ne pas subir de chirurgie ni débuter de grossesse, et s'engager à répondre à un questionnaire quotidien pendant 8 semaines.

Critères d'exclusion
  • Grossesse en cours
  • Syndrome de Raynaud
  • Cryoglobulinémie
  • Troubles de la sensibilité
  • Fragilité cutanée
  • Allergie au dispositif ou au froid
  • Déficit cognitif
  • Difficultés à comprendre les instructions
03 · Le suivi

Ce que nous avons mesuré

  1. 1

    Douleur maximale quotidienne

    Échelle visuelle analogique (EVA de 0 à 10).

  2. 2

    Durée de la crise douloureuse

    En minutes.

  3. 3

    Qualité de vie

    Score EHP-30, dédié à l'endométriose et validé en français, noté sur 100 (plus le score est élevé, plus la qualité de vie est basse).

  4. 4

    Effets indésirables

    Évalués chaque semaine.

  5. 5

    Difficultés d'utilisation

    Évaluées chaque semaine.

04 · Les résultats

Ce que l'étude a montré

-22 %

de douleur en moyenne

Avant6–8/10
Après3–4/10

La douleur maximale quotidienne, souvent évaluée entre 6 et 8 sur 10 avant l'étude, a souvent été ramenée à 3 ou 4 après huit semaines. La durée des douleurs intenses a aussi diminué, passant de plusieurs heures par jour à moins d'une heure pour certaines participantes.

≈ 30 %

d'amélioration de la qualité de vie

Les mesures de qualité de vie (EHP-30) et de fonction sexuelle (FSFI) se sont améliorées dans la majorité des cas, de près de 30 % en moyenne par rapport au score initial, même si ces améliorations restent modestes.

Des changements de comportement

Certaines participantes ont rapporté une nette réduction de leur consommation d'antalgiques. La tolérance au froid a varié : l'application a parfois été jugée désagréable au début, avant une adaptation rapide. Les fêtes de fin d'année et l'hiver lyonnais ont aussi influencé l'expérience de quelques participantes.

05 · Témoignages

Elles ont participé

  • « Avant, j'utilisais la bouillotte, maintenant, j'ai l'impression que le froid marche mieux que le chaud. »

    LLaure
  • « Le froid soulage localement, cela fait du bien, même d'un point de vue transit. »

    MMila
  • « Clairement, cela apaise et détend, sensation assez particulière, oui, c'est agréable. »

    SStéphanie
  • « Je conseillerai car bonne alternative aux cachets. À tester. »

    VValérie
  • « Super bien ! La poche n'est pas du tout gênante, on ne la sent même pas, même la grande. »

    JJade
06 · Analyses

Une conclusion encourageante

Les retours qualitatifs ont été positifs. De nombreuses participantes ont rapporté une diminution des douleurs pelviennes chroniques et des crises aiguës d'endométriose, avec une amélioration de l'énergie, de la digestion et du sommeil.

Certaines ont rencontré des difficultés d'adaptation au froid au départ, mais ont trouvé l'expérience bénéfique après acclimatation. Plusieurs ont exprimé l'envie de continuer après l'étude.

Ces premiers résultats sont encourageants et ouvrent la voie à une étude de plus grande envergure.

Conclusion de l'étude · encourageante

« La cryothérapie du périnée pourrait être une option complémentaire prometteuse pour le soulagement des douleurs liées à l'endométriose, bien que des ajustements techniques et des recherches supplémentaires soient nécessaires pour optimiser son utilisation. »

Photos d'illustration : la Holi au quotidien.

07 · Témoignage

L'histoire de Fanny

24 ans, vit avec l'endométriose depuis l'âge de 12 ans

Fanny a connu des années de douleurs intenses, d'incompréhension médicale et de multiples traitements sans solution définitive, malgré plusieurs IRM qui ne montraient d'abord rien.

À 23 ans, une IRM a enfin révélé une lésion profonde d'endométriose entre la paroi de la vessie et celle de l'utérus. Après avoir essayé plusieurs approches médicales, elle a découvert Maholi et testé la cryothérapie : des séances de 30 minutes à 1 heure le matin, et plus longues le soir.

« Grâce à ce rythme, je constate une diminution de ma consommation d'antalgiques. »

3 semaines d'utilisation
1 crise avec vomissements, contre 3 à 4 toutes les deux semaines auparavant
« Ne jamais baisser les bras. » Elle recommande d'essayer à la fois le chaud et le froid pour trouver ce qui fonctionne le mieux pour soi.
08 · La suite

Une étude de plus grande envergure en préparation

Forts de ces premiers résultats encourageants, nous préparons une nouvelle étude, plus large, sur la cryothérapie du périnée et l'endométriose.

Professionnel·le de santé, établissement ou patiente : vous souhaitez y participer, nous accompagner ou simplement en savoir plus ? Écrivez-nous via notre formulaire de contact.

Étude pilote menée en 2024. Les résultats peuvent varier d'une personne à l'autre. La cryothérapie du périnée vient en complément d'un suivi médical et ne remplace pas un traitement.