Pubalgie chez le sportif : pourquoi les hommes sont aussi concernés
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La pubalgie est souvent associée aux sportifs de haut niveau, en particulier aux footballeurs professionnels. Pourtant, cette pathologie touche de nombreux sportifs amateurs, et les hommes sont largement concernés, notamment dans les sports à forte sollicitation du bassin.
Douleur au pubis, gêne à l’effort, sensation de tiraillement dans l’aine ou le bas-ventre… La pubalgie peut devenir un véritable frein à la performance, mais aussi à la vie quotidienne, lorsqu’elle s’installe dans la durée.
Comprendre pourquoi la pubalgie touche les hommes, comment elle apparaît et comment mieux la prendre en charge est essentiel pour éviter la chronicité.
Qu’est-ce que la pubalgie ?
La pubalgie désigne un ensemble de douleurs localisées autour de la symphyse pubienne, l’articulation située à l’avant du bassin, reliant les deux os du pubis.
Chez le sportif, elle est souvent liée à un déséquilibre mécanique entre :
-
les muscles abdominaux
-
les adducteurs
-
les muscles profonds du bassin
-
le périnée
Contrairement à une simple douleur musculaire, la pubalgie est une pathologie complexe, souvent multifactorielle, qui nécessite une prise en charge globale.
Pourquoi les hommes sont-ils particulièrement concernés ?
Chez les hommes, plusieurs facteurs expliquent la fréquence de la pubalgie.
D’abord, de nombreux sports masculins sollicitent intensément :
-
les adducteurs
-
la sangle abdominale
-
les hanches
-
le bassin
Ensuite, le périnée masculin, bien que moins médiatisé que celui des femmes, joue un rôle central dans la stabilité du bassin. Lorsqu’il est insuffisamment pris en compte, il peut devenir un maillon faible de la chaîne de transmission des forces.
Enfin, les hommes consultent souvent tardivement, banalisant la douleur ou cherchant à « passer au-dessus », ce qui favorise l’installation de la pubalgie chronique.
Les sports les plus à risque chez les hommes
Le football ⚽️
Le football est l’un des sports les plus associés à la pubalgie masculine.
Il combine :
-
frappes répétées
-
changements brusques de direction
-
accélérations et décélérations
-
sollicitations asymétriques du bassin
Ces contraintes favorisent les déséquilibres musculaires autour de la symphyse pubienne.
Le rugby 🏉
En rugby, la pubalgie peut être favorisée par :
-
les impacts répétés
-
les mêlées
-
les charges lourdes en musculation
-
les efforts explosifs
Le bassin encaisse des forces importantes, et la récupération est souvent insuffisante, notamment chez les amateurs.
Le cyclisme 🚴
Moins intuitif, le cyclisme est pourtant un sport fréquemment impliqué.
La position assise prolongée, combinée à :
-
une pression directe sur le périnée
-
un gainage constant
-
un manque de mobilité du bassin
peut contribuer à l’apparition de douleurs pubiennes et périnéales.
Quels sont les symptômes de la pubalgie chez l’homme ?
Les symptômes peuvent varier, mais certains signes sont caractéristiques.
Les sportifs décrivent souvent :
-
une douleur au pubis ou à l’aine
-
une gêne lors des changements de direction
-
une douleur à la frappe ou au sprint
-
une raideur du bas-ventre
-
parfois une douleur irradiant vers le périnée ou les adducteurs
Au début, la douleur apparaît uniquement à l’effort. Puis, sans prise en charge adaptée, elle peut persister au repos.
Le rôle du périnée dans la pubalgie masculine
Le périnée est un muscle clé de la stabilité pelvienne, chez l’homme comme chez la femme.
Lorsqu’il est :
-
trop faible
-
trop contracté
-
mal coordonné avec les abdominaux
il ne joue plus correctement son rôle d’amortisseur et de soutien.
Cela augmente les contraintes sur la symphyse pubienne et favorise l’inflammation locale.
C’est pourquoi une pubalgie ne peut pas être traitée efficacement sans prendre en compte le périnée masculin, encore trop souvent oublié dans les protocoles sportifs.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic de la pubalgie repose sur :
-
l’examen clinique
-
l’analyse des gestes sportifs
-
parfois une imagerie (IRM, échographie)
Il vise surtout à éliminer d’autres causes de douleur (hernies, pathologies articulaires, atteintes nerveuses).
Une évaluation globale de la posture, du gainage et de la mobilité du bassin est essentielle.
Quelles solutions pour traiter la pubalgie chez le sportif ?
La prise en charge repose sur plusieurs piliers.
La rééducation est centrale :
-
renforcement des muscles profonds
-
travail du périnée
-
rééquilibrage abdominaux / adducteurs
-
correction des gestes sportifs
Le repos seul est rarement suffisant.
Le rôle de la cryothérapie dans la pubalgie
La cryothérapie est largement utilisée en médecine du sport pour ses effets sur l’inflammation et la douleur.
Appliqué localement, le froid permet :
-
de réduire l’inflammation
-
de soulager la douleur
-
de favoriser la récupération après l’effort
Les poches de froid périnée sont particulièrement intéressantes pour les sportifs souffrant de pubalgie, car elles permettent un refroidissement ciblé de la zone pubienne et périnéale, difficile à atteindre avec une poche de glace classique.
Elles peuvent être utilisées :
-
après l’entraînement
-
après un match
-
en phase de récupération active
Et le bain dérivatif chez l’homme ?
Le bain dérivatif est parfois perçu comme réservé aux femmes, à tort.
Chez les hommes sportifs, il peut contribuer à :
-
apaiser les tensions périnéales
-
améliorer la sensation de récupération
-
soutenir la thermorégulation locale
Il s’inscrit dans une approche complémentaire, sans remplacer un suivi médical ou kinésithérapique.
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Peut-on continuer le sport avec une pubalgie ?
Tout dépend du stade et de l’intensité de la douleur.
Dans de nombreux cas, une adaptation de la pratique est préférable à un arrêt total :
-
réduction de l’intensité
-
suppression temporaire des gestes douloureux
-
travail technique et postural
Reprendre trop tôt ou ignorer la douleur augmente le risque de chronicité.
Ce qu’il faut retenir
La pubalgie n’est pas une pathologie réservée à une élite sportive, ni aux femmes.
Chez les hommes, elle est fréquente dans les sports comme le football, le rugby ou le cyclisme, et implique souvent un déséquilibre global du bassin et du périnée.
Une prise en charge efficace repose sur :
-
une approche globale
-
un travail spécifique du périnée masculin
-
une récupération adaptée, incluant le froid via les poches de froid périnée
-
une attention particulière à l’inflammation
Sources médicales
- Maffulli, N. et al. Groin pain syndrome in athletes. British Journal of Sports Medicine.
- Weir, A. et al. Doha agreement meeting on terminology and definitions in groin pain in athletes. British Journal of Sports Medicine.
- Hölmich, P. et al. Long-standing groin pain in athletes. American Journal of Sports Medicine.